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Il m’a plaquée par mail !

« J’ai beaucoup de respect pour toi et ne veux surtout pas te faire de mal, mais je ne me sens plus amoureux et ne peux plus me mentir. Je ne désire pas continuer notre relation actuelle. Je n'ai pas envie non plus de te voir pour en discuter. Ma décision est prise. Mais je suis désolé de la peine que je te fais. »

Je reste figée devant son mail ! Le lâche ! Hier encore, il fêtait mon anniversaire comme si de rien n’était ! Et puis aujourd’hui ce mail ! La brutalité de son rejet me blesse profondément. Comment peut-il retourner sa veste aussi violemment ?

Je sens mon ventre se serrer, mes mains trembler. La colère m’envahit. Un petit mail bien saucé et un clic de souris, c’est vraiment facile ! On n’est pas confronté au mal qu’on fait. C’est petit, petit, petit… Et je ne le mérite pas !

Je médite sur ce qui s’est passé. Ma colère est légitime, ça je le sens profondément. S’il pensait vraiment qu’il ne « voulait surtout pas me faire de mal », il ne devait pas agir comme ça. Il y a quelque chose de brutal dans cette coupure nette et cette absence de soucis pour l’état dans lequel il me met. Rompre n’est jamais facile, ni pour celui qui le subit, ni même pour celui qui prend la décision, mais il n’était vraiment pas nécessaire de rajouter ce que je ressens comme un rejet. Il faut qu’il sabote, qu’il fasse mal. Pourquoi ? Rompre une relation qu’il ne peut plus vivre, c’est une chose, me rejeter dans le froid et le silence, c’en est une autre et c’est celle-là qui me blesse le plus. Nous avons toujours été gentils l’un avec l’autre, nous nous sommes toujours écoutés avec respect et désir de nous comprendre et pour ma part, c’était une qualité indéniable de notre relation.

Par contre, je dois reconnaître qu’il est drôlement descendu dans mon estime, ça m’aide à accepter cette rupture ! Ma tristesse, qui est immense certes, est dominée par la colère, c’est plus tonique ! Pour le moment en tous cas…

Mais qu’aurais-je souhaité en fait ? Essayer de le reconquérir ? Je ne pense pas… Essayer de le culpabiliser ? Ca, j’en ai un peu honte, mais ça ne m’aurait pas dérangée… De toute façon, j’imagine bien que même sans ça, il doit se sentir assez mal pour agir de la sorte et sans doute un peu coupable. Est-ce bien nécessaire d’en rajouter une couche ? Je connais cet homme, je l’ai aimé, estimé, il ne doit pas se sentir très fier de lui pour le moment, ça j’en suis sûre…

Idéalement, j’aurais souhaité qu’on soit capables de mettre un point final en douceur et gentillesse à ces mois durant lesquels nous nous sommes découverts, durant lesquels nous avons essayé de nous aimer, avec nos peurs et nos blessures, avec nos espoirs et nos besoins, pas toujours compatibles, ces mois durant lesquels nous avons été proches, confiants l’un dans l’autre.… Y sommes-nous arrivés ?

Quand ma colère se calme, je peux réfléchir mieux et m’interroger sur ma part de responsabilité dans ce qui arrive. S’il n’a pas pu répondre à mon joli scénario décrit ci-dessus, c’est sans doute qu’il avait peur. Peur de me voir souffrir, mais ça c’est lâche et dans ce cas, franchement, cela ne vaut pas la peine d’envisager quoi que ce soit encore avec cet homme-là, qui ne me considère pas comme une personne digne d’un certain respect. Mais peut-être aussi avait-il peur de moi, peur de ma réaction, peur de ma force de conviction, de mes tentatives de le convaincre qu’il a tort, de le culpabiliser, parce qu’il n’est pas vraiment fier de lui, parce qu’il est dans le doute sur ce qu’il fait… Cette décision a dû être difficile à prendre, c’est vrai, parce qu’on ne se déteste pas… Simplement il n’est plus assez heureux dans cette relation, ça je dois bien l’admettre et il arrive à être plus ferme devant son clavier que devant moi…

Bon, qu’est-ce que ça m’apprend sur moi-même ?

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