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Le sens des rêves

Mon intention n’est pas ici de me substituer aux longs articles scientifiques, documentés et sérieux mais souvent difficiles à comprendre et à appliquer. Evitons à l’inverse la glissade vers les interprétations genre « café du commerce », qui pullulent dans les magazines légers, articles amusants certes, mais qui ne devraient être lus que dans l’optique d’une agréable distraction de bord de piscine et non comme une référence à croire et à adopter.

Entre les deux, tâchons de ne pas bronzer idiot !

Que nous apprennent les grandes écoles ? Elles ont publiés de gros livres sur l’interprétation des rêves, qui ont fait office de phare pendant quelques décennies et qui restent des références en la matière. Essayons très simplement d’en retirer une grille d’interprétation qui pourrait nous être utile.

L’école freudienne nous invite à laisser notre esprit flotter, sans contrainte, d’association libre en association libre, jusqu’à nous amener à une interprétation qui fait sens, qui nous éclaire… Concrètement, nous nous souvenons d’un rêve, c’est une histoire qui comporte une série d’éléments, comme des perles sur un fil. Nous prenons une première perle, librement et nous nous laissons glisser d’une idée à l’autre, c-à-d que ce premier élément de l’histoire nous rappelle quelque chose, qui peut-être encore nous en rappelle une autre et petit à petit nous comprenons ce que cette première idée révèle, ce qu’elle cachait par une autocensure qui ne nous permettait pas de rêver exactement de ce qui tourmentait notre inconscient.

En prenant une seconde perle et en se laissant aller de nouveau aux interprétations libres, aux sauts légers d’idée en idée, nous arrivons de nouveau sur une idée qui nous arrête, parce qu’elle est lourde de sens. On SENT que c’est ça qui se cachait derrière l’image rêvée et petit à petit, comme un second collier caché derrière le premier, une autre histoire apparaît. Comment savoir si on peut la croire ? Simplement parce qu’elle a du sens pour nous, elle nous DIT quelque chose qui s’enracine, qui nous révèle une facette de notre inconscient qui nous parle.

L’école jungienne, autre grande référence en matière d’analyse des rêves, nous invite à des associations tout aussi intéressantes. La question que nous sommes invités à nous poser consiste à se demander quel aspect de nous-même est représenté par chaque élément du rêve. Par exemple si nous rêvons d’un homme, pourrait-il représenter notre masculinité ? Ou si nous rêvons de notre mère, est-ce bien d’elle qu’il s’agit ou plutôt de « la mère en moi » ? Si nous mettons en scène une bagarre agressive, cela ne signifie peut-être pas que nous voudrions que les choses se passent comme tel, mais si nous produisons en rêve une scène violente, nous pouvons nous interroger sur notre propre violence, notre envie de violence, notre rage qui ne se montre peut-être pas « en direct ». Où bouillonne-t-elle ? Où devrait-elle s’exprimer, de manière canalisée ?

Dans ce jeu d’interprétation, de nouveau la même question : comment savoir si nous sommes dans le bon ? Simplement en faisant confiance en cette petite voix interne qui nous dit « oui… je sens que ça a du sens pour moi, je sens que ça me dit quelque chose que je dois entendre… » Cela nous montre une piste à suivre, à explorer, qui nous intéresse, qui ouvre l’horizon vers un mieux-être.

Alors finalement comment s’y prendre pour comprendre le sens de nos rêves ? Et pourquoi ne pas accorder de crédit aux interprétations toute faites qui pullulent dans les revues à 20 sous ? Parce que chaque psychisme a sa propre histoire, sa propre complexité et qu'aucune interprétation générale ne convient à tout le monde. Mais il n’est pas idiot de se dire que tout ça n’a pas beaucoup d’importance, en fin de compte, et que la seule piste à suivre est celle qui fait sens pour nous, celle qui nous amène vers des compréhensions de nous-mêmes qui nous aident à mieux vivre, à évoluer dans une direction qui nous convient et qui nous paraît appropriée.

Certains thérapeutes pensent que les rêves n’ont aucun sens caché, qu’ils ne sont que la résultante de « courts circuits » cérébraux que le sommeil permet et que rechercher une signification n’a pas plus de sens que d’en inventer une ! Et pourquoi pas ? Ce qui compte c’est parfois de créer une petite porte sur l’horizon, qui invite à l’explorer et rend possible quelques pas vers une manière d’être au monde qui nous apaise un peu, non ?

La vie, tout comme les rêves, a-t-elle un sens que nous devons découvrir ou peut-on accepter l’idée que la vie, pas plus que les rêves, n’a de sens en soi et qu’il nous revient, si cela nous inspire, de lui en donner un ?

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