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Je veux changer de vie !

J’en ai assez, mais ASSEZ ! Assez de ce boulot lassant, si bête finalement, si répétitif et qui ne m’apprend plus rien, assez de ce patron qui me rogne les ailes, assez de ces trajets en bus qui pue, avec ces gens tristes, je ne veux plus leur ressembler ! J’en ai assez de cette pluie, de ces embouteillages, de ce train-train qui me fait hurler ! ASSEEEEZ !

Oui mais quoi ? Tout plaquer alors ? J’ai déjà plaqué ma femme, je ne suis plus à ça près… (Plaqué ta femme, plaqué ta femme… C’est elle qui est partie et tu sais bien pourquoi ! Parce que tu deviens gris ! Gris d’ennui ! Et si tu arrives à être très honnête, mais ça restera entre nous, elle, elle A évolué, elle s’est remise en question et nom d’un chien, elle t’a complètement largué mon pauvre vieux !)

Bon. Bon, bon, bon, je médite un peu là-dessus. Changer de vie. D’un seul coup ? Certains le font. D’autres s’y préparent. Une chose est sûre, c’est que d’avoir un peu d’argent devant soi, ça aide… Donc, soit augmenter les rentrées (je me souviens de cet avocat qui a systématiquement augmenté ses honoraires pendant deux ans avant de mettre la clé sous le paillasson et curieusement, plus il était cher, plus ses affaires étaient juteuses… A méditer aussi, ça…) Soit réduire les dépenses : donc revoir mon portefeuille d’assurance, mes notes de téléphone, mes divers abonnements, mon banquier, que sais-je…

Est-ce que ça m’aide ? Un peu, mais c’est clair que ça fait partie des résistances, de ce qui m’empêche de faire le pas. Tout ce fatras de choses qui disent « pas maintenant, quand tu auras fait ci, quand cela sera réglé, quand les enfants seront hors des pattes » (quoi, n’ont-ils pas aussi droit à un papa heureux ?), mais avouons-le, c’est sans fin ces freins !

Le temps passe, il pleut toujours, je m’ennuie toujours. Je dors mal, je fume trop… Mon corps me dit ASSEEEEZ ! C’est le moment, parce qu’il n’y a pas de Moment. C’est maintenant, parce que c’est maintenant que je VIS, c’est maintenant que j’ai droit au bonheur…

Alors, juste faire le pas. Oser. Oser arrêter ces activités professionnelles-là. Oser affronter la réaction des gens. Et ô surprise, je remarque que la plupart d’entre eux me soutiennent ! Pas tous certes (certains me traitent d’irresponsable, de fou, mais peut-être ça les aide à se confirmer dans leur petite vie pépère…), mais j’entends bien plus de « Je t’admire ! J’ai tellement envie moi aussi, mais je n’ose pas. » Mes amis m’encouragent, me regardent avec envie, c’est nouveau ça ! Et c’est si bon ! Mais n’empêche, quelle trouille au ventre ! D’autres me disent « Tu as de la chance ! », comme si j’avais trouvé mon « bon pour changer de vie » dans une boîte de poudre à lessiver !

Et puis aller « là où mon cœur me porte », revendre mon appartement et acheter ce petit chalet à la campagne, changer ces vêtements gris pour ceux que j’ai toujours aimés sur le dos de ceux qui me donnaient l’impression d’être tellement à l’aise dans leur corps, m’inscrire à ces cours de chant, faire du yoga, tout ce que j’ai toujours eu envie de faire…

Et comme par hasard, ces gentils voisins m’invitent et je fais connaissance avec des gens si charmants, qui vivent comme j’ai toujours rêvé de vivre, qui forment un couple que j’envie. Peut-être un jour, une de leurs amies…

Et puis cette annonce pour un petit job dans cette épicerie bio, tiens on demande quelqu’un qui sait faire des massages, ça m’intéresse…

Bon d’accord, j’arrête ici, je sais, ce n’est pas toujours aussi facile, mais croyez-moi, on ne vit qu’une fois et même si on peut accuser de tous les noms nos géniteurs qui nous ont tellement gâché notre vie, ou notre conjoint qui nous l’empoisonne, ou notre patron qui nous la pourrit, notre voisin, nos enfants, la pluie... Bref même si la Terre entière semble se liguer pour nous maintenir dans notre misère sociale et psychologique, il n’y a que nous, que NOUS qui pouvons nous prendre par la main et nous dire : « Allez, viens, ose, va vers ton bonheur, n’aies pas trop de crainte, rien de vraiment grave ne va t’arriver… » D’ailleurs, si j’étais mon meilleur ami, n’est-ce pas ce que je me dirais ?

Tordons le cou à nos peurs, à cette paralysante peur du changement, à cette mystérieuse peur de l’inconnu. Reconnaissons que le changement est aussi source d’émerveillement, d’évolution, de grandeur... Reconnaissons que l’inconnu n’est pas nécessairement peuplé de monstres, mais bien plutôt de belles surprises, de nouveautés rafraîchissantes… Parce que c’est vrai, rien de vraiment grave ne va nous arriver, au contraire ! Nous, thérapeutes, avons accompagné pas mal de gens dans ce changement et toutes ces histoires sont belles, certaines modestes, d’autres impressionnantes, mais toutes ont apporté à l’auteur sa dose de bonheur mérité !

Il « suffit » de mettre un pas devant l’autre et d’avancer en confiance vers ce qui nous attire. Et c’est surprenant de constater que les choses se mettent parfois en place à notre insu, sans qu’il soit nécessaire de faire un tour de force.

Et si vous avez besoin d’aide, n’hésitez pas à consulter un thérapeute, vous accompagner sur ce chemin, c’est aussi notre métier…

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