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Le bonheur selon Matteo!

Matteo, c’est le bon sens personnifié. Plus tout jeune, mais pas encore vieux, mi rat-des-villes, mi rat-des-champs, sage et curieux, fin observateur de la nature humaine et du monde qui l’entoure.

Au seuil de l’automne, assis au pied du vieil arbre, il philosophe sur le bonheur.

« Tu vois, la question du bonheur, me dit-il, c’est vraiment une préoccupation typiquement humaine. Les animaux, ça ne les encombre pas. Et pourtant, ils le recherchent comme nous, mais tout autrement. Et moi, ce qui m’aide, c’est de me rappeler qu’avant tout, je suis un mammifère ! Oui, d’accord, un mammifère très spécial, avec une conscience très développée. C’est cette conscience qui nous fait Humains, avec le langage verbal qui la nuance infiniment.

« Notre conscience, continue-t-il, nous aide et nous torture tout à la fois ! Parfois, quand on regarde un chat se chauffer aux derniers rayons du soleil sur l’appui de fenêtre, on peut envier son bonheur simple et tranquille ! Il ne se pose pas la question du lendemain, de sa mort prochaine, ni du sens de sa vie ! Et ce sont précisément ces questions-là qui nous empêchent de dormir, nous les Hommes !

« Alors, ce qui m’aide c’est de regarder ma vie avec un certain recul et de me repositionner sur cette planète comme un mammifère parmi les autres. Ca m’aide à relativiser bien des soucis.

« Par exemple, les soucis matériels, liés à toutes ces machines qui nous aident mais nous encombrent, qui tombent en panne, nous coûtent cher, nous paraissent devoir être remplacées avant même d’être mortes…

« Les soucis esthétiques, qui nous poussent à renouveler souvent notre garde-robe, à changer de coupe de cheveux, à suivre la mode, voire à faire appel à la chirurgie pour nous sentir plus conforme à une vision du corps finalement assez normative…

« Les soucis d’adéquation sociale nous pompent pas mal d’énergie aussi, nous poussent à nous maintenir au courant de toutes sortes de drames sociaux auxquels nous ne pouvons rien et qui ne nous concernent pas, à voir le dernier film Oscarisé ou lire le dernier Goncourt, à nous comporter d’une certaine façon, fréquenter certains lieux, suivre la tendance pour ne pas se sentir largué…

« Et les soucis financiers bien-sûr qui, bien souvent, ne sont que la résultante des précédents !

« Alors, quand je me perçois comme un mammifère, tous ces soucis me paraissent bien dérisoires ! Je me dis que j’ai un toit au-dessus de ma tête, de quoi manger en suffisance, quelques bons amis qui ne me lâcheront pas, que j’arrive à faire face à mes responsabilités de base et que le reste n’a vraiment pas beaucoup d’importance. Je me dis que la vie est un phénomène naturel, qui nous amène à passer quelques dizaines d’années sur cette belle planète et qu’en soi, vivre est une immense chance et une sacrée aventure, quoi qu’on en fasse. Si j’étais né à l’époque de la Gaule, je serais déjà mort à l’âge que j’ai, et si j’étais né sur Mars, et bien, je ne serais jamais né du tout ! Au fond, j’ai une chance folle d’être un mammifère terrestre au 21ème siècle ! »

Sacré Matteo !

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