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Le garde-meubles

Un jour, il faudra que je m’occupe de tout ça ! De toutes ces vieilleries que j’accumule, de toutes ces pensées qui n’aboutissent pas, de ces décisions que je ne prends pas, de ces envies que je ne réalise pas, de ces mises au point que je ne fais pas, de ces conversations que je n’ai pas, de tous ces dossiers entamés et non clôturés…

Comme quoi, par exemple ? Et bien, comme ces archives familiales qui doivent être classées, ou liquidées, ces décisions qui doivent être prises pour alléger ma vie, ce testament que je veux écrire depuis des années, mais aussi cette discussion que je voudrais avoir avec mon conjoint ou mon enfant, cette mise au point qui traîne avec ma mère, cette reconnaissance jamais exprimée à l’égard de ce professeur qui m’a fait tant de bien à une époque où je pédalais dans la choucroute, ces articles que je veux écrire depuis si longtemps, ces photos que je veux coller, ce grenier que je veux ranger, tout ce qui encombre mon esprit, tout ce qui contribue à toujours me donner l’impression de ne pas être « à jour »…

Qu’il s’agisse de décisions concrètes, de rangements matériels, de gens à voir, de coups de téléphone à donner, cela pèse lourd. J’ai toujours au creux de la tête ces pensées diffuses mais obsédantes : « Il faudrait que je…, je devrais…, faut pas oublier de…, je devrais prendre le temps de… »! Ces pensées me fatiguent, m’empêchent de me sentir serein, encombrent mes insomnies (ou les créent ?), entretiennent ce sentiment oppressant de ne jamais avoir le temps. Mais est-ce si vrai ? Est-ce vraiment une question de temps ?

C’est un peu comme tous ces meubles et ces caisses qu’on place en garde-meuble, ces objets qui attendent et dont on ne s’occupe pas, mais dont on ne se débarrasse pas non plus. Et on paye pour ça !

Oui, ces pensées encombrantes, ces décisions que je ne prends pas, ces choses multiples que je veux faire mais que je ne fais jamais, c’est un peu mon petit garde-meuble à moi ! Elles attendent, je ne m’en occupe pas, mais je ne m’en débarrasse pas non plus. Et je paye pour ça ! Je paye en inconfort, en légère tension permanente, en indisponibilité d’esprit, en absence de sérénité, en stress et insomnies…

Un ami, qui lit au-dessus de mon épaule me suggère : ne serait-il pas bon de terminer cet article par quelques suggestions constructives pour améliorer la situation ? (Se sentirait-il concerné ? A moins qu’il n’en parle d’expérience !) Du genre, me dit-il: « Prenez le temps de faire une liste des choses à faire, de les classer si possible par ordre d'importance ou d'urgence, d'évaluer le temps nécessaire et disponible pour s'y mettre, sans choisir d'office le travail le plus pharaonique (là, on sent son expérience !!!) et évaluez ensuite combien vous êtes soulagé d'avoir accompli ceci ou terminé cela, d'avoir enlevé enfin le cadavre du placard et de l'avoir enterré. »

Ses remarques me font sourire, je vous les livre telles quelles et espère qu’elles vous aideront ce soir, demain, ce week-end, à prendre une première décision et à commencer à vider ce fichu « garde-meubles » ! Allez, dès lundi, on s’y met ! Bon courage !

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